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Interview de Joël Déchamps,
Les unités de mesure
Vos cédéroms sur les unités de mesure abordent de façon très complète les unités les plus courantes, de longueur, capacité, masse, aire, volume, temps…
S'adressent-ils à un public spécifique ou sont-ils accessibles à tous ?
Ils s'adressent avant tout à des personnes qui maîtrisent mal les conversions des unités de mesure. Je les ai conçus pour des publics préparant un CAP ou un BEP, publics auxquels j'ai consacré beaucoup de temps en CFA et qui sont confrontés à l'utilisation des unités de mesure dans l'exercice de leur métier.
Il me semble toutefois que le cédérom sur les unités de longueur, capacité, masse et le début du cédérom sur les unités d'aire, volume, temps peuvent convenir à des publics d'école primaire (CM1 et CM2), de collège, ou des publics en difficulté (mais sachant lire). Les dernières activités du second cédérom sont plus adaptées à des publics maîtrisant les notions de puissance et de fractions : élèves de 4e, 3e, BEP, Bac pro.
Vous abordez les unités de mesure à travers de très nombreuses images : pourquoi avoir fait ce choix ?
Le plus souvent, les apprenants qui font des erreurs de conversion échouent parce que :
- ils ne maîtrisent pas une technique de conversion ;
- ils n'ont pas de références à leur disposition, références indispensables pour vérifier la cohérence d'un résultat.
Prenons l'exemple d'un élève qui doit convertir 0,8 m en cm et qui se trompe dans son calcul et trouve 8 cm. S'il visualise bien dans sa tête ce que représente 1 m (la longueur du pas d'un homme, la hauteur d'une poignée de porte...), il aura vite fait de se rendre compte que 0,8 m - qui est un peu plus petit que 1 m - ne peut pas correspondre à 8 cm (qui est un peu plus petit que 10 cm, c'est-à-dire la longueur du doigt majeur d'un adulte). Un doigt est beaucoup plus petit qu'un pas ! Il devra donc recommencer sa conversion pour trouver 80 cm.
Il m'a donc paru important non seulement d'expliciter les techniques de conversion (techniques du tableau, des opérateurs, des suites proportionnelles, puis des différences de puissance), mais aussi d'apporter un maximum d'images concrètes ou fabriquées - comme par exemple le mètre à convertir dont l'utilisation est d'une extraordinaire efficacité - permettant à l'apprenant de se construire un réseau de références et ainsi de réaliser ou vérifier ses conversions par juxtaposition d'images mentales.
Une autre particularité de vos cédéroms est l'importance des applications et exercices qui complètent les apports de connaissances. Conseillez-vous à l'apprenant de faire la totalité des exercices ?
Tout dépend de l'apprenant. Il y a celui qui maîtrise rapidement le contenu des " cours " et ne fait que quelques erreurs. Il faut alors identifier la cause de ses erreurs ; elles peuvent être dues à des raisons très diverses : l'étourderie, la non maîtrise des multiplication-division par 10, 100, 1 000, la non maîtrise des nombres décimaux, la méconnaissance des systèmes d'unités, l'absence de références sous forme d'images mentales rapidement disponibles, la maîtrise partielle d'une technique de conversion.
Une fois le type d'erreur identifié, c'est au formateur ou à l'enseignant d'orienter l'apprenant sur la partie du cédérom qui correspond à ses lacunes et de lui conseiller les exercices adaptés.
Enfin, il y a l'apprenant qui fait de nombreuses erreurs. Je conseillerais à celui-ci de faire un maximum d'exercices, notamment ceux destinés à la construction des références visuelles. Quant aux exercices de conversions, ils doivent être réalisés jusqu'à ce que l'apprenant maîtrise parfaitement la conversion de l'unité (quelle que soit la technique qu'il aura choisie) ; il peut alors se contenter de faire trois ou quatre exercices dans chaque activité avant de passer à l'unité suivante.
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